Dernière mise à jour : Dimanche 20 Mai 2012


Artistes

Jacques-Victor ANDRE

Traceur de sillons...

Traceur de sillons...

• né le 23 avril 1944 à Chauny dans une famille de sculpteurs et marbriers belges

• 1963 : Académie Charpentier, La Grande Chaumière, Paris.

• 1967 : Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Métiers d’Art

et des Arts Appliqués de Paris.

• De1987 à 2003 : Enseigne la sculpture dans cette école.

• De1985 à 2006 : Maître assistant plasticien à l’école d’architecture EAPVS, Paris.

• 1971 : inscrit à la Maison des Artistes, installe son atelier à Caillouël-Crépigny entre Noyon et Chauny. Parallèlement à un travail intimiste d’atelier d’abord centré sur le corps, puis sur des thèmes inspirés de la nature, architectures-sculptures de jardins, l’artiste crée des sculptures monumentales dans le cadre de la commande publique ou privée, 1%, art urbain, places, fontaines…

Il participe, seul ou en équipe, à de nombreux concours nationaux et européens

• 2010 : Projets en cours : Fontaine du jardin de la Maison des Polytechniciens à Paris. Sculptures de jardins - Château de Méry-sur-Oise avec l’agence "Tendre vert" D. Gobeau, D. Pons.

• Expose régulièrement en France et à l’étranger, Belgique, Hollande, Suisse, Allemagne.

Passages, paysages à contempler

 

Des rides, des sillons, des trous. Jacques-Victor André sculpte en creux. Arbres, grottes, portes. Les creux figurent l’ombre et le mouvement, failles dans la matière, tressaillements de lumière. Ils respirent. Expirent l’ombre qui nous entoure, inséparable du vivant tel qu’il remue, s’étire, explose. Inspirent l’ombre qui nous assaille, de l’intérieur, au moment du passage. Le sculpteur fraye des passages. Le parcours le conduit d’abord à une grotte, niche en gestation, réminiscence d’une vie antérieure idéalisée, minéral en voie de métamorphose végétale, arbre-grotte, arbre-nuage. Puis la porte s’entrouvre, en biais, monumentale, et sur elle repose l’équilibre de la figure. Lorsque le franchissement s’opère, la percée reste étroite, évidée dans des architectures abstraites, ou coulée s’immisçant entre les pans d’une falaise. Tout passage est secret, bien sûr, et il raconte un rêve. Dans le plâtre blanc, le sculpteur grave des états de son rêve, transitoires et fragiles comme des coups d’ongle. Sa technique cherche la rapidité, pour saisir au vol des sensations de bonheur, en fixer intacte l’empreinte. Ensuite la terre imprègne le plâtre, longtemps, y réservant les traces d’un monde coloré. Sa vision du bonheur dit le plaisir de vivre sur terre, touffes d’herbes ébouriffées par le vent, branches griffant les murailles, vols d’oiseaux, cheminements d’insectes dans le sol révélés en coupe.

Pourtant le mystère résiste, les architectures restent lisses, pages blanches toujours à réécrire. Insaisissable, la nature ne livre d’elle-même qu’un geste, un parfum, un désir à éveiller encore. Ces sculptures ne donnent pas la stabilité de la forme figée. Ne suggèrent

pas des épaisseurs qu’il faudrait contourner, bousculer. Elles sont des paysages à contempler. Avec douceur, elles transforment le regard de leurs visiteurs. L’ailleurs qui attend, de l’autre côté du passage, c’est à nous de l’inventer.

 

Frédérique de Gravelaine

Préface de l’exposition au prieuré Notre-Dame d’Orsan, été 2002.


Moulin de la Housse

La belle idée

Arbre porte

Arbre porte

Arbre porte

Bien heureuse

Chute d'Icare

Petite plaque

Arbre porte

Porte Falaise

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